Les Hamer sont des pasteurs semi-nomades ; ils vivent dans l’une des régions les plus arides de la savane méridionale du sud-ouest éthiopien, entre les terres fertiles de l’est et les rives de l’Omo.
Les Hamer se déplacent en groupe, avec leurs troupeaux, selon un itinéraire précis établi par leurs ancêtres au premier matin du monde. Parmi eux, de jeunes hommes armés assurent la sécurité du groupe. Profitant des longues étapes qui rythment leur mouvance, ils cultivent le sorgho ; une fois les ressources en eau épuisées, ils abandonnent les champs et se mettent en quête d’une nouvelle zone fertile. Ils logent dans des huttes ogivales de branchages savamment enchevêtrés qui résistent aux forts vents de sable. Lorsqu’ils se retrouvent placés près d’une ville où se trouve un marché, ils n’hésitent pas à s’y rendre, afin de vendre leur récolte, leurs chèvres et se procurer d’autres biens.
Le bétail est le pivot socio-économique et culturel des Hamer ; la fortune et le rang social d’un homme s’évaluent à l’abondance de son cheptel.
Les Hamer, femmes comme hommes, ont un sens très aiguisé de l’esthétique et passent quotidiennement de nombreuses heures à s’embellir. Les femmes oignent leurs corps d’huile et d’argile. Nues jusqu’à la taille, elles se couvrent les hanches d’une peau de vache incrustée de verroteries colorées. Elles s’enduisent les cheveux de beurre et d’argile et se parent de nombreux bracelets en étain, de volumineux colliers sertis de coquillages et d’autres ornements en fer-blanc. Sur leurs coiffures habilement tressées, certaines attachent des visières d’étain ou des serre-tête de perles.